M a r i e P e n e t r o
a r t i s t e p e i n t r e / s c u l p t e u r
Je travaille toujours la peinture et la sculpture à partir de la matière et du geste. J’ai besoin d’un rapport direct, physique, presque frontal avec l’œuvre.
La technique est essentielle dans mon processus. Elle me permet d’aller vers une grande précision, mais elle n’est jamais un objectif en soi. Je cherche une maîtrise technique solide et exigeante qui s’efface derrière la force de l’œuvre pour laisser place à quelque chose de plus juste : une présence, une densité, une résonance.
Je travaille jusqu’à ce que l’œuvre tienne seule, sans avoir besoin d'explications. Je ne cherche pas à illustrer une idée ni à raconter une histoire. Ce qui m’importe, c’est l’expérience que l’œuvre impose au spectateur : une émotion qui ne se donne pas immédiatement, mais qui s’installe, qui persiste. Une forme de silence, parfois de tension, qui engage le corps autant que le regard. Je cherche une résonance. Quelque chose qui reste après le regard. Mes œuvres sont habitées, jamais décoratives.
La peinture et la sculpture me permettent d’aborder cette recherche de manière complémentaire. La peinture me conduit vers une intériorité plus retenue, tandis que la sculpture affirme une présence plus directe, plus frontale, plus ancrée dans l’espace. Dans les deux cas, je cherche un équilibre fragile entre contrôle et lâcher-prise. Je m’arrête lorsque chaque forme, chaque matière, chaque trace trouve sa place. Je m’arrête quand ça devient juste. À cet instant, l’œuvre n’a plus besoin de moi.
Au fil de ses huiles, l'artiste capte avec sa sensibilité coutumière et un coup de pinceau de plus en plus maitrisé les failles et les tendresses du corps des femmes.
Une sensibilité dans la matière quasi palpable qui hésite entre ombre et lumière, pour finalement se tenir dans la pénombre des sentiments.
"Surtout ne pas laisser indifférent." dit-elle, toujours sur la réserve.
Cette grande jeune femme pétillante parle difficilement de son travail. Elle met toute sa puissance créatrice dans la peinture, fuyant les mots pour les abandonner à ceux qui aiment en jouer. Elle est plus à son aise dans le rendu d'une sensation, le frémissement d'un épiderme, le velouté d'une ombre qui va sentir la chair nacrée de son modèle, du bout de son pinceau, voire de ses doigts. Elle reste fidèle au travail à l'huile après avoir exploré maintes techniques.
Le visiteur sera fasciné encore une fois par cette peinture, qui, pour elle, "ne se dit pas": effectivement, elle se ressent.
L'émotion est bien au rendez-vous que nous donne l'artiste.
Maïa Alonso
L'émotion est bien au rendez-vous que nous donne l'artiste.
Maïa Alonso
"J'avais eu un jugement un peu hâtif sur l’œuvre de Marie. Pour faire simple, je n'aimais pas. J'ai immédiatement compris mon égarement en recevant de plein fouet, la force de la peinture de cette artiste. C'est puissant, digne et parfaitement structuré. C'est une invitation à aimer l'homme en général et "ses" femmes en particulier. Elle offre des portraits plein de poésie malgré le côté viril de l'expression. Elle rend le mystère à qui de droit, la force de caractère et la beauté tout autant. Dans une palette restreinte elle puise l'essence de la chromatique de cette palette avec des tons chauds et une lumière remarquable."
Guy Trousselle


